Améliorer la rotation des cultures

Diversification des cultures au sein des rotations : un nécessaire retour à l'agronomie

La monoculture implique donc une grande perte au niveau de la biodiversité et de la durabilité.

Les successions culturales et le développement de mosaïques de cultures diversifiées permettent de répondre au double enjeu agro-économique et agro-écologique. En réduisant les risques de développement des ravageurs, des maladies et des adventices et par voie de conséquence les besoins en intrants, la diversification des cultures au sein des rotations peut permettre d'optimiser les marges des systèmes de cultures dans un contexte de prix des intrants a la hausse. De plus, les rotations diversifiées permettent de limiter l'apparition de certains ravageurs (chrysomèle du mais par exemple) et le développement de résistances (vulpins, ray-grass…) entrainant des pertes de rendement et une augmentation des couts de traitements pour plusieurs années au niveau de l'exploitation agricole mais également de la collectivité. Sur le plan de l'environnement, la réduction de l’utilisation de produits phytosanitaires et de fertilisants permet d’améliorer la préservation de la biodiversité ordinaire ainsi que la protection de la ressource en eau.

Pourquoi le choix de la rotation est il important ?

La rotation des cultures est la succession dans le temps de plusieurs cultures sur le même champ. Pratiquée en Europe depuis le Moyen-âge, la rotation est depuis longtemps reconnue comme l’une des clés de la fertilité du sol mais aussi de la lutte contre les mauvaises herbes, les maladies et les ravageurs.

Exemple d’une rotation associant couvert végétaux et culture

 

Intérêts agronomique

Les plantes ont chacune leurs propres caractéristiques, et besoins ainsi que leur propre impact sur l’environnement. Leur alternance offre plusieurs avantages.

  • Interruption du cycle de vie des insectes ravageurs, des maladies et des mauvaises herbes. Chaque culture est à l’origine d’un écosystème particulier qui va être propice ou non au développement de certaines maladies, certains insectes nuisibles ou certaines mauvaises herbes. En alternant les cultures, l’agriculteur rompt avec les conditions conférées  par cet écosystème provoquant ainsi l’arrêt du développement de ces maladies, mauvaises herbes et ravageurs. Certaines cultures apparentées comme le blé et l’orge partagent les mêmes ennemis, il faut donc éviter qu’elles se suivent dans la rotation.
  • Meilleur contrôle des adventices. Chaque famille de culture est la cible de maladies et d’adventices spécifiques. Alterner les cultures permet d’alterner les traitements et donc d’éviter l’apparition de résistance d’une matière active. >>> Limiter les intrants
  • Amélioration de la structure du sol, grâce aux profils racinaires différents, le profil du sol est mieux exploré, ce qui se traduit par une amélioration des caractéristiques physique du sol.
  • Accumulation et protection des ressources. Chaque type de plante puise des éléments nutritifs particuliers et restitue éventuellement des éléments fertilisants qui profiteront aux cultures suivantes. Elles laissent par exemple, plus ou moins de matière organique dans la terre. Les légumineuses, insérées dans la rotation permettent une augmentation de la teneur en azote dans le sol au bénéfice des cultures suivantes
  • Diminution des pertes de sol par ruissellement, il s’agit ici d’inclure dans la rotation un couvert végétal permanent qui diminue les phénomènes d’érosion et de ruissellement. >>> Le couvert végétal
 
Intérêt environnementaux
  • Diminution de l’impact de l’agriculture sur la qualité de l’eau et de l’air, en lien avec la fiche de l’optimisation de l’eau ainsi que la baisse des intrants. Cette diminution est la résultante de la réduction de l’usage de pesticides et d’engrais ainsi que de l’érosion de particules de sol chargées en éléments fertilisants et pesticides. >>> Optimiser l’eau
  • Restauration du taux de MO des sols et de la biodiversité. Ce résultat est étroitement corrélé à l’ajout de couvert végétal dans la rotation, avec un apport de matière organique.
 
Intérêt socio-économiques
  • Meilleure répartition de la charge de travail, la rotation des cultures étale les semis et les récoltes sur toute l’année ainsi que l’usage de matériel et de main d’œuvre.
  • Augmentation des marges, la rotation permettant une diminution des intrants, qui constituent un poste important de dépense.
  • Sécurisation économique de l’exploitation, l’avantage d’avoir une rotation avec plusieurs cultures permet de pallier à la baisse des cours de certaines cultures et de ne pas pénaliser l’exploitation. On pourrait aller plus loin en essayant de prévoir le comportement des marchés et introduire une culture qui a son prix en hausse.
  • Abandon du travail du sol en lien avec la réduction de la consommation de fuel, du temps de travail et des charges de mécanisation. >>> Favoriser le non-travail du sol
  • Ouverture des exploitations vers une diversification des productions, conduisant à l’accueil de groupes par les producteurs permettant de recréer le lien entre consommateurs et agriculteurs.

On oublie souvent de parler de différents autres effets associés : érosion hydrique et éolienne, risques d'inondation accrus. Dans un autre domaine : pullulation des ravageurs des cultures et donc augmentation des produits phytosanitaires, disparition du gibier, des prédateurs naturels des pestes.
Il ne faut pas oublier non plus que les pratiques monoculturales sont extrêmement coûteuses en énergie exogène introduite. Ces pratiques agricoles sont largement déficitaires au sens où pour produire une calorie alimentaire, il faut en injecter entre 10 et 25 sous forme de carburant pour les machines agricoles et sous différentes formes pour les engrais, les produits phytosanitaires, les pesticides, sans oublier la gestion des stocks ou le maintien des cours.                                                    

 

Les indicateurs en lien avec ces bonnes pratiques sont les suivants :

  • Diversifier les cultures
  • IFT
  • Temps de travail
  • Couverture du sol
  • Utilisation du sol
  • Couts de production
  • Bilan azote
  • Autonomie alimentaire
  • Taux de matière organique
  • Taux de nitrates