Le semis sous couvert végétal (SCV)

Les semis directs sous couvert végétal présentent des avantages importants dans les domaines agronomiques, environnementaux et socio-économiques :

  • Sur le plan agro-environnemental, ils stoppent l’érosion des sols qui provoque l’ennoyage et la destruction des cultures et des infrastructures en aval (ouvrages hydro-agricoles très coûteux, routes et fossés). En restaurant le couvert végétal, ils contrôlent le ruissellement, relancent l’activité biologique des sols, limitent les besoins en eau et séquestrent du carbone dans les sols (1 à 2 t/ha de carbone par an suivant les écosystèmes), contribuant ainsi à la lutte contre le changement climatique. Les SCV diminuent également la pression des maladies et des ravageurs sur la plupart des cultures dans toutes les conditions pédoclimatiques.
  • Sur le plan social et économique, les SCV diminuent fortement les travaux de désherbage et de travail du sol ainsi que les coûts de main d’œuvre et d’équipement qui y sont liés. Les rendements se stabilisent, voire augmentent, dans des conditions climatiques et des systèmes d’exploitation très divers. De plus, les SCV ne requièrent pas d’équipement de masse en tracteurs, ni d’utilisation massive de fertilisants inabordables pour les paysans les plus pauvres. Les SCV concernent autant un petit agriculteur qui a un quart d’hectare qu’un gros propriétaire terrien. >>> Réduire la consommation de fuel

C’est un moyen de concilier production agricole, amélioration des conditions de vie et protection de l’environnement.

 

Bénéfices environnementaux : des systèmes de culture protecteurs de l’environnement

Les SCV s’inspirent du mode de fonctionnement d’un écosystème forestier, en produisant une litière à la surface du sol, contribuant ainsi à :

  • Une protection des sols et régénération de leur fertilité par la prévention de l’érosion
  • Une séquestration du carbone efficace et importante (entre 1 et 3 t/ha/an) >>> Augmenter le carbone du sol
  • Une réduction de la consommation d’eau pour la production agricole >>> Optimiser l’utilisation de l’eau
  • Une réduction des doses d’engrais et de pesticides, diminuant leur impact sur la pollution des nappes phréatiques et améliorant la qualité et la sécurité alimentaire >>> Diminuer les intrants
  • Une meilleure infiltration des flux d’eau et une réduction des risques d’inondation
  • Le maintien, voire l’augmentation de la biodiversité contrairement à un système basé sur la monoculture
  • La réduction de l’agriculture itinérante, donc de la déforestation dans les pays du Sud préservant ainsi la biodiversité
  • La remontée des nappes phréatiques

 

Bénéfices agronomiques : amélioration de la productivité du sol

La couverture végétale permanente du sol, en produisant une importante biomasse et grâce aux plantes utilisées munies d’un système racinaire puissant, permet :

  • La création d’un environnement favorable au développement d’une activité biologique intense dans le sol
  • L’augmentation du taux de matière organique dans le sol
  • La fourniture des éléments nutritifs nécessaires aux plantes cultivées et le recyclage de ceux lessivés rendus alors accessibles aux cultures
  • La conservation de l’eau du sol grâce à une meilleure infiltration, une évaporation réduite du fait de la protection du sol contre les fortes températures, une meilleure capacité de rétention en eau et l’utilisation de l’eau profonde du sol
  • L’amélioration de la structure du sol en surface et en profondeur
  • Le contrôle des adventices et des maladies des plantes
  • L’augmentation de la productivité des cultures (quantité de produit formée par unité de volume et unité de temps)
  • La diminution de l’impact des aléas climatiques (notamment pluviométrie)

 

Bénéfices économiques : des systèmes de culture attractifs et une activité agricole rentable
  • Allègement des temps des travaux et de leur pénibilité
  • Réduction des coûts et dépenses en carburants (grandes exploitations), en intrants (engrais, pesticides) et de l’acquisition, utilisation et entretien des équipements (tracteurs par exemple)
  • Des productions agricoles diversifiées : l’association avec l’élevage est possible car les plantes de couverture peuvent être d’excellents fourrages
  • Des niveaux de production comparables, voire supérieurs, à ceux de l’agriculture intensive moderne pour des coûts et dépenses minimisés

La couverture permanente du sol est assurée par un mulch végétal vivant ou mort (paille). Elle peut se faire en maintenant sur le sol des résidus de la culture précédente ou en installant des plantes de couverture (cultures intercalaires ou dérobées). Afin d’éviter toute compétition avec la culture principale, la couverture est desséchée par la suite (fauchée, broyée ou herbicidée), ou gardée vivante et éventuellement contrôlée sous la culture par une application à faible dose d’herbicides. Ensuite, la biomasse n’est pas enfouie dans le sol mais est conservée en surface. Finalement, les semis sont réalisés directement dans la couverture végétale résiduelle, après ouverture d’un simple trou ou d’un sillon avec un semoir adapté (canne planteuse manuelle ou simple bâton). Les plantes de couverture sont choisies en fonction de leur complémentarité avec la culture principale, de leurs possibles utilisations (alimentation humaine ou animale), mais surtout de leur rôle positif sur la fertilité du sol. Elles sont en effet soigneusement sélectionnées pour mimer le fonctionnement de l’écosystème forestier : elles doivent permettre la production rapide de biomasse et posséder un système racinaire pouvant atteindre les réserves en eau profondes du sol. Elles opèrent alors comme de véritables « pompes biologiques » :

  • Leurs systèmes racinaires puissants permettent de structurer le sol en surface et en profondeur, d’éviter sa compaction et de maintenir des conditions de porosité favorables à l’ensemble des cultures en rotation. En effet, ces espèces avec des systèmes racinaires variés explorent les différentes couches du sol en profondeur. L’infiltration de l’eau et la circulation de l’air sont améliorées (macroporosité) ainsi que la rétention de l’eau dans les pores plus fins (microporosité).
  • Leurs systèmes racinaires permettent de remonter et de recycler les éléments minéraux situés dans les couches profondes du sol pour les rendre accessibles aux prochaines cultures. Cette fonction est importante pour limiter les fuites d’éléments nutritifs hors du système cultivé (nitrates pollueurs de nappes, sulfates et bases) et pour améliorer les sols pauvres afi n de les rendre productifs. Les plantes de couverture sont choisies en fonction de leurs aptitudes à assurer ces fonctions agronomiques même dans des conditions de culture difficiles (faible pluviométrie, sols très acides,...). De plus, ces plantes permettent le développement d’une forte activité biologique soutenue toute l’année; ce qui renforce progressivement les qualités physiques, biologiques et chimiques des sols. Certaines de ces plantes peuvent posséder un pouvoir désintoxiquant des sols (par exemple contre la toxicité aluminique avec le genre Brachiaria). Le maintien d’une couverture totale et permanente de la surface du sol représente la meilleure et la plus efficace protection contre la pollution par les pesticides pour tous les types d’agriculture. Elle assure aussi un milieu tamponné où température et humidité sont régulées, garantissant ainsi aux cultures, à la faune et à la microflore des conditions de croissance plus favorables.