Une étude comparative relative à l’impact des pratiques culturales sur la biodiversité

Les trois systèmes étudiés sont les suivants : semis sous couvert végétal, AB avec labour, Conventionnelle. Non labour et apport de matière organique fraîche : 2 facteurs clé pour favoriser les micro-organismes.

Les micro-organismes du sol regroupent l’ensemble des champignons et des bactéries du sol. Ils contribuent au fonctionnement du sol au travers de multiples processus écologiques. Ce sont les principaux transformateurs biochimiques de la matière organique du sol. Ils recyclent le carbone et les nutriments par leur rôle de décomposeurs primaires. Leur action a un impact dans la structuration du sol, via la production de polysaccharides, ils permettent le lien entre les bactéries et les particules de sol. Enfin, certains groupes, comme les rhizobiums et les mycorhizes, peuvent avoir un effet bénéfique direct pour les plantes via les symbioses qu’ils établissent avec elles.

La mesure de la teneur du sol en ADN total est une méthode indirecte d’évaluation de la biomasse microbienne. Ces premiers résultats montrent que les systèmes de cultures étudiés impactent de façon significative la quantité de biomasse microbienne présente dans le sol (figure 1). La réduction du travail du sol apparait donc comme un levier intéressant pour augmenter la biomasse vivante de son sol. Comme on le voit en SCV, le fait de ne pas perturber l’horizon de surface et d’y apporter régulièrement de la matière organique favorise le développement des micro-organismes.

L’abondance des champignons est équivalente pour les systèmes avec labour conventionnel ou biologique et nettement supérieure pour le système SCV. La population de champignon est très sensible au labour : la fragmentation du sol qu’il provoque va profondément impacter la continuité des réseaux mycéliens des champignons et faire chuter leur population.

L’abondance des bactéries, est quant à elle liée à la teneur en Corg. Pour le système SCV, les bactéries sont favorisées par le système racinaire du couvert végétal et la concentration du carbone dans l’horizon de surface.

Les nématodes représentent l’un des taxons les plus abondants parmi les invertébrés du sol, (entre 200 et 20 000 individus par kilogramme de sol « ordinaire »). Les nématodes contribuent de manière importante aux cycles des nutriments. Ils intègrent et minéralisent des nutriments du sol. Ils stimulent aussi les populations de décomposeurs primaires via la prédation qu’ils exercent sur ceux-ci.

Deux services rendus par cette biodiversité du sol plus grande en SCV : amélioration de la fertilité et meilleure stabilité structurale des sols. Les micro-organismes et les nématodes jouent un rôle important dans au moins trois grandes fonctions écologiques : la transformation du carbone, le cycle des nutriments, la maintenance de la structure du sol. Les nématodes bactérivores excrètent une grande partie des nutriments contenus dans les bactéries qu’ils ingèrent et permettent donc de libérer ces nutriments normalement non accessibles aux cultures. Cela se traduit par une accélération du cycle des nutriments et une amélioration de la fertilité du sol. Les hyphes du réseau mycélien plus abondant en SCV entrainent une sécrétion plus élevée de polysaccharides par les champignons. Ces sucres permettent un lien entre les bactéries et les particules de sol et renforcent la stabilité structurale du sol, diminuant ainsi sa vulnérabilité aux aléas climatiques. Les résultats de cette étude montrent que le système de culture en Semis direct sous couvert végétal présente un micro-réseau trophique du sol plus abondant, plus mature et diversifié en comparaison avec les systèmes de culture labourés. Ces résultats suggèrent également un turn-over des bactéries plus important en agriculture de conservation par rapport à l’agriculture intensive. Certains des indicateurs biologiques utilisés dans cette étude ont permis de mettre en avant plusieurs aspects du fonctionnement du sol en agriculture de conservation et apparaissent donc pertinents dans l’évaluation de la qualité du sol pour ce type d’agriculture : abondance de nématodes et quantité de biomasse microbienne.Promouvoir la biodiversité dans les champs grâce à l’agroforesterie.